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Créant tous les deux des univers de ressenti, les deux artistes se comprennent avec peu de mots. Même en s’exprimant différemment, ils sont accordés à des sensibilités instinctives. Ils sentent qu’ils partagent cette méthode, et a quel point elle est éphémère et difficile a expliquer. Leur amitié s’ancre dans une envie partagée de se libérer de l’emprise de la réalité et de se plonger dans les mondes du rêve et du mystère.

Plus qu’une simple juxtaposition des travaux des deux artistes, Alfred a voulu intégrer dans certaines nouvelles oeuvres les bijoux d’espace de Madeleine. Il y voit des filtres aptes à cadrer la chaire et les corps dans un collage d’une vision qu’il recherche. Ensemble, ils nomment ce projet d’exposition Tristanza, inspiré d'une maladie de plante. Ce nom inventé, au connotations cellulaires, biologiques et mélancoliques cherche à délaisser une manière de penser rationnelle, et à autoriser leur libre poursuite d’oeuvres évocatrices, personnelles et expérimentales.


Madeleine Schilling

L'oeuvre de Madeleine est surprenante. Après un passage à la Leipzig School of Design, cette artiste franco-allemande intègre en 2015 l'ENSAV de la Cambre en Dessin, où pendant trois années elle va développer une réflexion et une technique unique.

S'appropriant tout à la fois le dessin, l'orfèvrerie, la sculpture et la lumière, les créations de Madeleine forment une oeuvre hybride qui échappent au catégorisations formelles. D’après ses mots, ce sont des bijoux d' espace. A la ligne du dessin se substitue le fil d'or sur lequel bourgeonnent de fines perles dans des compositions organiques, renvoyant autant à la plante grimpante qu'au corps humain. Ses motifs ainsi formés nous évoquent des coraux, des ramures, des veines ou nerfs que l'or aurait rendu immortel. Le miroitement léger de l'or et des perles efface les limites de l'oeuvre et de l'espace d’exposition et ainsi le sublime comme un bijoux au cou d'une femme ou de toiles d’araignée sous la rosée d' un matin.

Madeleine crée ainsi un travail sensuel et interpellant par ses codes inhabituels. Elle nous invite à porter un regard nouveau, emprunt de beauté et de poésie, sur un monde au delà de toute époque et de tout lieux.

 

Alfred Janssens

 

Né en 1992, Alfred a étudié la psychologie et termine un master en gestion culturelle. Ses nombreuses influences se retrouvent de manière plus ou moins cryptique dans son travail. Que ce soit son amour pour le cinéma et en particulier les films de Lars von Trier, David Lynch ou Gaspard Noé, mais aussi l’influence importante des peintres symbolistes et romantiques du 19ème, comme Fernand Khnopff, Franz von Stuck ou encore Félicien Rops.

 

Il évolue dans un univers Nietzschéen teinté de sadisme, exalté par la musique, en particulier le metal extrême, qui l’accompagne tout au long de son travail. Les titres de ses œuvres y font généralement référence.Dans sa démarche artistique Alfred fuit l’intellectualisation, il se rapproche au plus près de ses émotions et sensations à travers un processus complexe nourrit d’états anxieux, jubilatoires, violents, sexuels, passionnés.

 

Par le biais de la photographie, il exhibe les résultats d’une lente contemplation de soi. L’art est utilisé uniquement dans sa dimension cathartique, dans une recherche de puissance et de jouissance. Il en résulte paradoxalement un univers féminin, emprunt d’une violence contenue, qui peut parfois susciter un certain sentiment de malaise.Son approche part d’une lente construction aboutissant inexorablement à une destruction/déstructuration imprévisible. Les corps nus sont exposés comme dans une scène de crime où seules les traces d’une intense action passée sont perceptibles. Pour Alfred, l’essentiel de l’art se trouve uniquement dans le processus, intangible, piégé dans un présent perpétuel et un mouvement continu.